Johannes Hahn, un peu plus près du but
Hier, Johannes Hahn s'est rapproché encore un peu plus du titre de nouveau commissaire à la Politique régional. Avec une audition très bien gérée et sans surprise, l'ancien ministre autrichien a confirmé et étoffé ses réponses écrites sans être mis en difficulté par ses auditeurs.

Une réforme de la politique de cohésion avec et pour toutes les régions
M. Hahn a avant tout rassuré l'assemblée sur la réforme de la Politique de cohésion et la politique post-2013, les sujets sensibles de la mandature. Il a ainsi rappelé, ce qu'il avait déjà écrit noir sur blanc dans ses réponses écrites, à savoir qu'il était en faveur d'un maintien de la Politique de cohésion pour toutes les régions européennes. Ambition synthétisée en formule choc : "Y a-t-il une alternative à la Politique régionale? Oui, une Politique régionale encore meilleure".
Il a profité de la tribune qui lui était offerte pour développer son argumentaire et apaiser les craintes. Se basant sur les textes juridiques, il a cité le principe de cohésion territoriale inscrit dans le traité et qui définit le développement harmonieux de toutes les régions d'Europe à travers toutes les politiques européennes.
Puis, pragmatique, il a rebondi sur une question de l'eurodéputé française, Sophie Briard-Auconie, en rappelant que même dans des pays comme la France, "la politique de cohésion garantit des emplois", preuve du grand champ d'application de cette politique.
Enfin, exprimant son scepticisme quant à l'intérêt d'un Livre blanc sur la cohésion territoriale, étant donnée la publication à l'automne 2010 du cinquième rapport sur la cohésion territoriale, il n'a cependant pas oublié de rassurer sur le maintien du Fonds Social Européen dans la politique régionale, en précisant qu'on ne pouvait modifier ni les structures, ni les compétences de base de la Politique de cohésion.
Le commissaire, partenaire du Comité des Régions, présent à la prochaine plénière
Pour dissiper tout doute, il s'est explicitement prononcé contre la renationalisation de la Politique régionale et surtout a appelé à un partenariat fort entre le CdR et la Commission, notamment dans l'élaboration de la politique post-2013.
Cela n'a pas échappé à Luc Van den Brande, Président du Comité des Régions, présent dans la salle. Ce dernier a même demandé devant témoin à ce que M.Hahn fasse de la multi-gouvernance son credo, et même une affaire personnelle, mais, démontrant toute la confiance qu'il avait pour ce commissaire nouvellement désigné, il l'a d'ores et déjà invité à participer à la session plénière du Comité des régions de février.
Un ex-ministre Autrichien des Sciences et de la Recherche, un nouveau commissaire soutenant une stratégie de la région du Danube et l'innovation
M. Hahn est aussi revenu sur les priorités de son mandat. Il a rappelé qu'il s'engagerait très vite dans la stratégie du Danube pour la période 2014-2020, en révélant notamment qu'un premier plan devrait être présenté d'ici la fin janvier. Réunissant 14 pays traversés par le fleuve, dont six non-membres de l’UE, cette stratégie a pour objectif que les municipalités, les régions et les Etats résolvent des problèmes communs.
Jusqu'ici ministre de la Sscience et de la Recherche en Autriche, Johannes Hahn a également plaidé, sans surprise, pour une Politique régionale soutenant notamment l'innovation et assurant par là-même la compétitivité de l'Europe dans le monde.
Enfin, il a présenté une priorité qu'il n'avait pas inscrite dans ses réponses écrites, à savoir l'urbanisation, en annonçant une politique de consultation de grande ampleur sur le sujet. M.Hahn souhaite réussir là où son prédecesseur a échoué. Il veut convaincre les Etats d'accepter la création de fonds et de programmes spécifiquement pour les villes.
Pour mettre en œuvre ce programme ambitieux, le commissaire a formulé un souhait.
Le commissaire a un rêve
"Je rêve que tout le contrôle financier opérationnel soit fait par les Etats membres afin que nous, Commission et Parlement européens, puissions nous concentrer sur le fond" a-t-il dit.
Il faut plus de contrôle, plus de simplicité et plus de régularité. "Le bénéficiaire final a besoin de régularité. Il ne faut pas qu’il ait sans cesse à étudier de nouvelles règles", a-t-il préconisé.
Et ce ne sont pas que des belles paroles. Le commissaire autrichien a des solutions. Il souhaite notamment répandre le principe de l’affectation des fonds (earmarking, en anglais), qui contraint les régions à affecter les fonds communautaires à des objectifs précis.
Au final, le seul silence a été pour le budget. M.Hahn a expliqué qu'il défendrait sa part mais qu'il ne prendrait pas d'engagement devant les eurodéputés sur des décisions qui ne sont pas de son unique ressort.
A la sortie de l'audition, Danuta Hübner, ex-commissaire à la Politique régionale, actuelle présidente de la commission parlementaire sur la Politique régionale en charge de l'audition, a adoubé le nouveau venu, en s'avouant impressionnée par sa prestation. M. Johannes Hahn ne devrait donc pas trop s'inquiéter en attendant les résultats du 26 janvier.
Sources :








Je suis plutôt content que monsieur Hahn ai réussi sa prestation. Ces actions au ministère autrichien m'avait fortement intéressées. superrefman