La Région Centre donne des idées pour lutter contre le changement climatique
François Bonneau, Président de la Région Centre explique à Placedeurope l'importance du combat contre le changement climatique au niveau régional. Alors que sa région était présente à Copenhague, et qu'elle est d'ores et déjà instigatrice de nombreuses intiatives pour l'environnement, François Bonneau nous a livré, plusieurs semaines avant l'ouverture de la conférence, quelques bons exemples à suivre...

Voir l'entretien (07'11)
Qu'est ce qui motive la région Centre à s'engager pour la lutte contre le changement climatique au niveau européen?
Nous sommes mobilisés tout simplement parce que le défi environnemental est un enjeu considérable qui impacte grand nombre de politiques publiques.
En ce sens, nous étions présents à Copenhague, représentés par notre vice-présidente chargée de l'environnement car nous voulions souligner que les régions ont un rôle de premier plan à jouer dans ce domaine.
Le 'plan climat régional', qui fédère au plan régional l'ensemble de toutes les initiatives, ne peut pas être indifférent à ce qui se passe au niveau des Etats et au niveau européen, et inversement.
La région Centre mobilise beaucoup de forces pour lutter contre le changement climatique. Pouvez-vous développer quelques exemples :
En matière de transport?
Nous menons l'action dite 'TER' (Transport express régional). Dans notre région, nous avons multiplié par trois le nombre d'usagers de TER en 10 ans et nous sommes sur des projets de réouverture de ligne. Par exemple pour la réouverture de la liaison Chartres- Orléans, nous avons également engager 70 millions dans un premier temps et 200 millions à terme.
En matière de construction?
C'est une intervention pour aider directement les citoyens, en matière d'éco-construction notamment. Aujourd'hui, nous avons notamment un dispositif dit "Isolaris" qui est un dispositif d'aide à l'isolation des maisons, avec pour but d'en faire profiter également l'habitat collectif.
Cela vaut aussi pour les établissements scolaires. Nous venons d'inaugurer un lycée 'haute qualité environnementale', qui est un lycée agricole dans le Cher.
De même, pour la recherche et l'économie, dans notre région, nous avons engagé un programme très volontariste de géothermie pour qu'elle retrouve toute sa place. Nous avons travaillé à labelliser et à former les foreurs.
En matière de formation?
Nous avons également créé une plateforme avec le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) à Orléans. C'est une plateforme d'observation, mais aussi une plateforme support pour que les entreprises, les artisans puissent venir se former, et partager de l'information.
Du même ordre, nous équipons aujourd'hui chacun de nos centres d'apprentissage de dispositifs qui permettent pour les maçons aussi bien que pour les plombiers ou les électriciens de connaître les nouveaux matériaux et les techniques afférentes, via la construction de maisons passives (maisons à très faible consommation énergétique).
En matière industrielle?
Nous souhaitons nous orienter vers la production de biens, d'équipements qui vont permettre le développement d'alternatives à l'énergie fossile dans le domaine du bâtiment.
Par exemple, à Amboise, une entreprise que nous avons soutenue et qui se développe bien aujourd'hui a créé des onduleurs qui servent à filtrer l'énergie électrique fournit par le photovoltaïque avant que cette énergie passe vers le réseau. C'est donc une source d'activité nouvelle sur le plan industriel, mais ce sont également les conditions de production qui doivent être modifiées pour réduire notre impact environnemental.
D'une manière générale, sur tous nos travaux ,nous intervenons avec cette logique d'une moindre consommation énergie, et pour nous Copenhague était le moyen de mettre en commun toutes ces expériences en la matière.
Les institutions européennes intègrent elles suffisamment les régions dans le débat climatique?
Les institutions européennes intègrent les régions dans le débat climatique mais il faudrait qu'elles le fassent plus encore.
Prenons l'exemple de la formation professionnelle dans le domaine des énergies renouvelables : aujourd'hui l'un des freins à la mise en œuvre par les habitants de techniques de chauffage des bâtiments, d'isolation, est tout simplement de trouver des professionnels du bâtiment qui soient formés à la fois à l'expertise et à la mise en œuvre des techniques.
Nous gagnerions du temps si, dès la formation initiale, de telles pratiques leurs étaient enseignées et étaient développées par l'Union européenne.







