Jean-Loup Drubigny : "Urbact crée un lien entre les villes européennes"
Urbact est un programme européen permettant à plusieurs centaines d'agglomérations de conduire des actions à dimension économique, sociale ou environnementale. Jean-Loup Drubigny est le directeur du Secrétariat d'Urbact. Pour Place d'Europe, il revient sur ce programme, son rôle, ses objectifs, mais présente également le nouveau site Internet entièrement dédié à Urbact qui vient d'être mis en ligne

Urbact est un programme européen permettant à plusieurs centaines d'agglomérations de conduire des actions à dimension économique, sociale ou environnementale. Ces actions sont par la suite, également diffusées sous forme de recommandations auprès d'un maximum de collectivités européennes.
Au titre de la politique régionale, 185 villes bénéficient aujourd'hui de ces fonds, co-financés par l'Union européenne et les Etats membres. Reconduit pour la période 2007-2013, le programme est aujourd'hui connu sous le nom d'URBACT II et bénéficie d'un budget total de près de 68 millions d'euros, financé à plus de 75% par le FEDER.
Jean-Loup Drubigny est le directeur du Secrétariat d'Urbact. Pour Place d'Europe, il revient sur ce programme, son rôle, ses objectifs, mais présente également le nouveau site Internet entièrement dédié à Urbact qui vient d'être mis en ligne.
Pouvez vous nous présenter Urbact?
Créée en 2003 par les 15 Etats membres d'alors, et la Commission européenne, Urbact est l'enfant du programme Urban. A la base, Urbact a été créée pour constituer un réseau des villes qui constituaient Urban. Un an après, avec le souhait des nouveaux entrants de faire partie de l'aventure, Urbact a changé de nature et n'a plus été seulement en rapport avec Urban mais a concerné l'ensemble des problématiques urbaines.
D'un commun accord, les 27 Etats membres ont confié la gestion du programme à la France. Elle est donc autorité de gestion du programme pour le compte des Etats membres plus deux Etats partenaires, que sont la Norvège et la Suisse. Notre budget est d’un peu moins de 70 millions d'euros, donc environ 10 millions d'euros par an pour organiser les échanges. Une augmentation du crédit relativement importante a été consentie pour cette deuxième phase du programme. Nous avons donc vraiment les moyens de travailler.
Pouvez vous nous parler d'exemples de projets Urbact?
Nous pouvons par exemple présenter le réseau HERO, animé par la ville de Regensburg, qui nous permet de travailler sur les rénovations des centres historiques, notamment des villes qui sont au patrimoine mondial de l'Unesco. Il travaille à gérer et améliorer la façon dont la vie économique et sociale peut continuer à fonctionner. Comment faire quand une partie de la ville a été "muséifiée"? Aujourd'hui, à mi-parcours du programme, a été réalisé un compendium, déjà bien utilisé, de bonnes pratiques très concrètes pour la régénération des centres historiques.
My generation, animé par Rotterdam, est d'un genre tout différent. C'est un réseau destiné aux jeunes s'occupant du passage de l'école à la vie professionnelle. Rotterdam a des politiques de jeunesse très dynamiques et tous ses partenaires sont amenés à travailler avec des groupes de jeune pour élaborer leurs politiques.
Pourquoi avoir lancé un nouveau site Internet? Que propose-t'il?
Nous avons lancé un nouveau site Internet car toute la communication d'Urbact est fondée sur Internet. Internet est en effet le seul outil pour parler à de multiples acteurs européens ! Mobiliser la presse écrite pour 27 Etats membres est très compliqué et demande des budgets énormes. Internet nous permet d'atteindre directement les gens chez eux. Notre site est essentiellement rédigé en anglais sauf la partie "corporate", qui est bilingue.
En savoir plus : 
le site officiel d'Urbact, un site pensé pour ses utilisateurs, élus ou practiciens des villes
Ensuite, nous avons voulu faire évoluer le site au rythme de nos connaissances, qui ne cessent de s'accroître. Nous avons voulu gommer un peu les côtés trop institutionnels. La mise à disposition de règlements ne suffit pas. Certes il existe une demande en la matière, mais nous, qui faisons des choses très concrètes, devons aussi répondre aux questions concrètes de villes. Question type : j'ai un problème de transport dans ma ville, est ce que ce programme va me donner des idées? Il était donc important de réaliser ce site du point de vue de l'utilisateur, élu ou praticien d'une ville.
Pour faciliter la recherche, il existe des entrées thématiques (intégration, logement, innovation, création d'entreprises etc.) ou par projet. Pour chaque projet, il existe un mini-site à l'intérieur du site. Cela était très important pour nous, en tant de communauté de travail, d'être un site unique et de ne pas être un simple portail renvoyant aux quatre coins de l'Europe. C'était la volonté forte d'être un ensemble.
Nous avons aussi décidé de créer un blog car il nous semble important qu'il y ait une forme d'expression un peu plus libre, en tout cas non institutionnelle. Il s'agit d'un blog à auteurs multiples. Toutes les villes chef de file de projets, et leurs experts peuvent s'exprimer. On arrive à une communauté d'auteurs pour le blog proche d'une cinquantaine de personnes. C'est très intéressant pour nous le Secrétariat et pour tous les acteurs concernés de créer un peu le débat. Reste à savoir, si la demande suivra.
Comment participer à Urbact?
On trouve en permanence sur le site des appels à projets. Un appel à projet vient tout juste de se clore. Le 25 novembre, on connaîtra les projets retenus. Dès le lendemain, soit le 26, tous les projets seront affichés sur notre site internet. Les villes dont les projets ont été retenus devront compléter leur partenariat. Il y aura alors la possibilité pour toutes villes de demander à rejoindre ses projets. C'est une belle opportunité.







