Jean-Jack Queyranne : "Les eurorégions, un nouvel état d'esprit européen"

le Jeudi 05 novembre 2009


Jean-Jack Queyranne est député et président du Conseil régional de Rhône-Alpes. Pour Place d’Europe, il explique le rôle et le fonctionnement de l'eurorégion Alpes-Méditerranée, au niveau local et européen. Forte de ses 17 millions d'habitants, l'eurorégion Alpes-Méditerranée est une très grosse eurorégion bénéficiant d'un rôle moteur en Europe.
 

 

Jean-Jack Queyranne est député et président du Conseil régional de Rhône-Alpes. Pour Place d’Europe, il explique le rôle et le fonctionnement de l'eurorégion Alpes-Méditerranée, au niveau local et européen. Forte de ses 17 millions d'habitants, l'eurorégion Alpes-Méditerranée est une très grosse eurorégion bénéficiant d'un rôle moteur en Europe.

 

 

Comment est née l'idée de l'eurorégion Alpes-Méditerranée?

 

L’eurorégion Alpes-Méditerranée s'est créée en 2007, sur l'initiative commune des régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur, du côté français, et du Val d'Aoste, du Piémont et de la Ligurie du côté italien. Aujourd'hui, elle est peut-être appelée à s'agrandir. Même s’ils ne sont pas membres de l'Union Europénne, des cantons suisses pourraient  bientôt en faire partie.
 


A l'origine, il s'agissait de se retrouver pour mettre en commun un certain nombre de projets, qui nous réunissent. Nous sommes séparés par une frontière qui n'en est plus une, même si géographiquement il faut toujours traverser les Alpes. Cet espace commun se voit d'ailleurs très bien dans le projet de liaison ferroviaire entre Lyon et Turin, ou à travers les autoroutes de la mer entre Marseille et Gênes.
 


Comment fonctionne une eurorégion?
 

L'eurorégion Alpes Méditerranée est gérée selon le principe d'une présidence tournante. Nous, région Rhône-Alpes, avons eu cette responsabilité début 2009. Aujourd'hui c'est Mercedes Bresso, Présidente de la Région Piémont, qui en a la charge.
 


Ensuite, il existe des groupes de travail sur des sujets déterminés. Chaque région a la responsabilité d'animer un des domaines d'intervention. Le Piémont a la responsabilité du groupe transport. Nous avons la responsabilité du domaine « environnement – risque naturel ». La culture relève de la Ligurie, l'enseignement et la formation du Val d'Aoste, et la recherche et l'innovation de la région Provence-Alpes-Cote d'Azur.
 


Pouvez vous nous présenter les projets de cette eurorégion?

 


Les projets sont nombreux et très différents. Très concrètement, nous venons de réaliser un projet culturel, appelé Carta Bianca, qui permet de voir aujourd'hui à Chambéry des spectacles conçus dans chacune des régions italiennes. C'est une façon de faire connaître les créateurs des autres régions. Faire circuler les artistes, faire circuler les œuvres, c'est un projet culturel pour mieux apprendre à se connaître.
 


Mais il existe aussi des projets pour la protection des milieux naturels. Pourquoi ne pas avoir un jour un parc naturel commun? Le Mont Blanc a un versant dans le Val d'Aoste et un autre en Rhône Alpes. 
 


On peut citer également les coopérations universitaires entre grandes écoles d'ingénieurs. Certaines ont désormais des diplômes permettant de faire le cursus dans une ou l'autre des régions.
Il existe aussi désormais une coopération des chambres de commerce qui se rencontrent parce que les mouvements de production et les mouvements commerciaux se font indépendamment des frontières. Les organisations syndicales vont aussi se voir au niveau de l'eurorégion.


 

 

Il y aura des compétitions sportives communes. Il en existe déjà en aviron, bientôt aussi pour les jeunes en athlétisme. On organise aussi en Rhône Alpes un mondial des métiers sur les questions de formation. Cette année, l'eurorégion était là et j'ai été par exemple marqué par un stand avec des apprentis cuisiniers des 4 régions.

Voilà des exemples concrets qui montrent l'étendue des possibilités pour une eurorégion.
 


Quelle est la place des eurorégions dans l'Union européenne?
 


L'eurorégion, c'est un état d'esprit nouveau. Les régions veulent compter en Europe. Notre région, en particulier, car elle a une vocation européenne depuis l'origine. En effet, il y a un peu plus de 20 ans, nous avons créé le club des quatre moteurs de l'Europe, avec quatre grandes régions et leurs capitales, la Catalogne et Barcelone, la Lombardie et Milan, le Bad Wurtemberg et Stuttgart, et la région Rhône-Alpes avec Lyon. Cette création de 1988 a anticipé le Comité des Régions lui-même ! Le message était vraiment d'avoir plus de place en Europe pour les régions. Je crois que cette idée d'être les moteurs nous a donné un temps d'avance.  Et nous continuons avec nos partenaires de l'eurorégion.
 


Le mouvement est en route. Beaucoup d'eurorégions se constituent. De plus, il existe  désormais une possibilité juridique, qu'est le GECT, le groupement européen de coopération territoriale, qui est une structure de droit européen, et non plus de droit national.
 


Mais à titre personnel, ce qui m'intéresse, c'est certes la coopération politique mais surtout le fait que les acteurs économiques et sociaux s'emparent de l'eurorégion. C'est une façon de montrer que l'Europe se construit concrètement par les relations directes entre les citoyens, la formation, le sport, que cela participe de la vie quotidienne…

 

En savoir plus :
Site officiel de l'eurorégion Rhône-Alpes Méditerranée
 

Le saviez-vous ?

L'eurorégion Alpes-Méditerranée compte à elle seule 17 millions d'habitants