Bruxelles Capitale : "réduire nos émissions de CO2 de 30% en 2025"

le Jeudi 10 décembre 2009

La Région Bruxelles-Capitale est l'un des signataires de la convention des maires. Mikaël Angé, conseiller de la Ministre de l'Environnement de Bruxelles Capitale, Evelyne Huytebroeck, explique ce que représente pour sa ville une telle initiative. 

 

La Région Bruxelles-Capitale est une collectivité qui rassemble 19 communes de l'agglomération bruxelloise. Du fait des subtilités du système institutionnel belge, elle bénéficie du statut de région, mais les enjeux environnementaux auxquels elle est confrontée sont identiques à ceux des villes signataires de la convention des maires.

 

Quand et pourquoi Bruxelles a-t-elle signé la convention des maires ?

 

Nous l'avons signée en février dernier. Depuis cinq ans environ, le gouvernement bruxellois a fait une priorité de la question environnementale, tout particulièrement du changement climatique. Et cela autant sur le plan interne que sur la scène extérieure : du fait de son statut de région, Bruxelles Capitale est impliquée dans les négociations internationales, notamment dans le cadre de Copenhague.
 

En tant que "capitale" de l'Europe, Bruxelles a un rôle d'exemple à jouer. Le gouvernement bruxellois a adopté une série de mesures pour en faire une ville exemplaire à l'horizon 2020. Il nous paraît essentiel à cet égard de nous inscrire dans certaines dynamiques, comme la convention des maires. Celle-ci rejoint tout à fait les objectifs que nous nous étions fixés à l'époque et que nous avons intensifiés depuis lors.

 

 


Quel soutien concret attendez-vous de l'Union européenne?

 

Les institutions européennes ont un rôle important à jouer en matière de coordination et d'change de bonnes pratiques. C'est l'une des valeurs de ce genre d'initiative. L'intégration dans un réseau de villes nous permet de voir ce qui fonctionne ailleurs, ce qui marche moins bien, de comprendre les obstacles qu'ont eu à surmonter les autres villes.
 

Cela nous permet également de faire valoir les bonnes expériences mises en oeuvre au niveau bruxellois, et qui d'ailleurs ont porté leurs fruits : entre 2004 et 2007, la consommation d'énergie a été réduite de 10% et les émissions de CO2 de 12 % si l'on tient compte de la variation climatique.
 

Nous avons notamment mis en place un projet de bâtiments exemplaires qui suscite l'intérêt de nombreuses villes européennes. Ce projet consiste à subventionner, sous forme d'appels à projets, des constructions ou rénovations de bâtiments qui doivent respecter de nombreux critères énergétiques et environnementaux. En deux à peine, près de 200 000 m² ont été sélectionnés dont 39 000 m² de bâtiments passifs, soit 1/3 de se qui se construit ou rénove à Bruxelles.
 

Si l'Europe pouvait en plus jouer un rôle financier, cela inciterait certainement les autorités locales à aller plus loin dans leurs perspectives. 

 



Avez vous déjà remis votre plan d'action à la Commission européenne ?

 

Notre plan est encore en cours d'élaboration. Nous avons l'intention d'aller assez loin puisque nous prévoyons de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 30 % en 2025 par rapport à 1990. C'est plus que l'objectif de 20 % fixé par l'Union européenne. Peut-être pourrons nous aller plus loin, en fonction de l'impact des différentes politiques et mesures prévues.